Quel est le vrai prix des droits TV de la Ligue 1 ? Quel impact ont eu Amazon, Canal+ ou beIN Sports sur le marché français ? Pour tout comprendre, voici un décryptage complet à travers les chiffres les plus récents : montants des contrats, audiences, abonnements et parts de marché. Une analyse chiffrée indispensable pour saisir les enjeux économiques qui secouent aujourd’hui le football français.
Depuis 2004, les droits TV de la Ligue 1, championnat phare du football français, ont connu de profondes mutations, marquées par des luttes entre chaînes, l’arrivée de nouveaux acteurs, et des montants records parfois intenables.
Mise à jour de décembre 2025
En mai 2025, quand cet article a été publié pour la première fois, la crise des droits TV de la Ligue 1 semblait encore pouvoir trouver une issue « classique » : un nouvel appel d’offres, un diffuseur miracle, une rustine financière de dernière minute. Sept mois plus tard, en décembre 2025, le paysage a radicalement changé.
beIN Sports vient d’annoncer son départ définitif au 31 décembre, DAZN est déjà sorti de scène depuis l’été.
La Ligue 1+ est devenue, de facto et dès le 1er janvier 2026, le seul et unique diffuseur du championnat de France sur le territoire national.
Nous sommes passés en quelques mois d’une crise annoncée à une rupture totale avec le modèle linéaire et payant traditionnel. La Ligue 1 est désormais le premier grand championnat européen à basculer intégralement en direct-to-consumer (D2C), sans filet de sécurité ni diffuseur historique. Ce n’est plus une simple crise de droits TV.
C’est une véritable révolution forcée du modèle économique du football français. Voici la version mise à jour au 27 décembre 2025, avec les derniers chiffres, les décisions du collège de Ligue 1, l’impact immédiat sur les clubs et les véritables enjeux pour 2026-2027.
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Evolution du montant des droits TV
En 2004-2005, la Ligue 1 est partagée entre Canal+ et TPS, qui déboursent respectivement environ 190 et 185 millions d’euros pour diffuser les rencontres du championnat. Ce duel entre deux géants du paysage audiovisuel français génère un total de 375 millions d’euros par saison, mais ne dure pas longtemps : Canal+ finit par absorber TPS et prendre seul le contrôle.
De 2005 à 2008, Canal+ obtient l’exclusivité sur l’ensemble des matchs de Ligue 1, pour 600 millions d’euros par an. À cette époque, regarder le football français passe uniquement par la chaîne cryptée, qui capitalise sur son monopole pour renforcer sa base d’abonnés.
La saison 2008-2012 voit l’arrivée d’Orange, qui diffuse un match par journée pour 203 millions d’euros. Canal+ reste prédominant avec 465 millions d’euros, mais l’équilibre est rompu : la Ligue 1 devient désormais un produit fragmenté, accessible sur plusieurs supports, notamment via les premières offres IPTV.
Entre 2012 et 2016, le football français voit débarquer beIN Sports, soutenu par le Qatar, qui investit 183 millions d’euros par an pour concurrencer Canal+. Ce dernier continue d’investir lourdement (420 millions d’euros) pour conserver les meilleures affiches. Le championnat atteint alors 607 millions d’euros de droits annuels, grâce à cette compétition entre diffuseurs, dans une guerre d’enchères de plus en plus tendue.
La tendance s’accentue entre 2016 et 2020 : Canal+ pousse encore ses investissements à 540 millions d’euros, pendant que beIN Sports augmente légèrement son engagement (186 millions d’euros). Le montant total grimpe à 726 millions d’euros par saison. La Ligue 1 devient alors l’un des championnats nationaux les mieux valorisés en Europe, derrière la Premier League et La Liga.
La saison 2020-2021 devait marquer un record historique. Le groupe sino-espagnol Mediapro rafle la majorité des lots, promettant 780 millions d’euros par an pour diffuser 80 % des matchs via sa chaîne éphémère Téléfoot. Mais l’aventure tourne court : incapable d’assurer les paiements, Mediapro se retire dès la première saison. Canal+ et beIN Sports maintiennent chacun un paiement de 332 millions d’euros, tandis que Free débourse 42 millions d’euros pour obtenir le droit de diffuser des extraits. Le total atteint alors 1,153 milliard d’euros, mais le fiasco de Mediapro plonge la Ligue 1 dans une crise inédite.
Entre 2021 et 2024, la Ligue 1 rebondit en confiant ses droits principaux à Amazon Prime Video, qui diffuse 8 matchs par journée pour 250 millions d’euros. Canal+ conserve la diffusion de deux rencontres premium pour 332 millions d’euros, et Free reste en retrait avec ses extraits pour 10 millions d’euros. Le total annuel retombe à 743 millions d’euros, signe d’un marché en pleine correction après l’explosion des années précédentes.
Pour la période 2024-2029, un nouveau virage est amorcé : c’est DAZN, acteur mondial du streaming sportif, qui devient le principal diffuseur de la Ligue 1, avec 8 matchs par journée pour 400 millions d’euros. beIN Sports récupère 1 match pour 100 millions d’euros. Le montant total s’effondre à 500 millions d’euros par saison, bien loin des ambitions affichées quelques années plus tôt, mais reflétant un début de réalignement des droits TV sur la valeur réelle du produit Ligue 1.
DAZN se désengage à la fin de la saison 2025, laissant la Ligue 1 sans diffuseur majeur. La LFP décide alors de lancer sa propre plateforme, Ligue 1+, pour diffuser l’ensemble des matchs, y compris le multiplex, à partir du 1er janvier 2026. Cette transition marque un tournant historique : la chaîne compte déjà 1,15 million d’abonnés actifs fin décembre 2025 (chiffre provisoire communiqué aux clubs).
Malgré les nouvelles mesures judiciaires contre le piratage (décision du TGI de Paris du 23 décembre 2025), le taux de contrefaçon reste élevé. Les recettes prévues pour la saison 2025-2026 s’élèvent entre 180 et 220 millions d’euros, soit une chute de 55 à 64 % par rapport aux 500 millions d’euros de l’année précédente. En conséquence, le champion de France 2025-2026 devrait percevoir environ 12 à 18 millions d’euros de droits TV domestiques, un montant inférieur à ce que touchait le 10ᵉ de Ligue 2 la saison précédente. Cette situation illustre la nécessité pour la Ligue 1 de repenser son modèle économique et sa distribution audiovisuelle.
| Période | Diffuseur(s) | Montant (M€) | Montant clubs L1 (après charges LFP) | Observations principales |
|---|---|---|---|---|
| 2004-2005 | Canal+, TPS | 375 M€ = ~190 (Canal+), ~185 (TPS) | ~320-340 M€ (estimé loi Lamour) | Partage des droits entre Canal+ et TPS. Dernière saison avant exclusivité. |
| 2005-2008 | Canal+ | 600 M€ | ~500-550 M€ (estimé) | Exclusivité des droits pour Canal+, après absorption de TPS. |
| 2008-2012 | Canal+, Orange | 668 M€ = 465 (Canal+), 203 (Orange | ~550-600 M€ (estimé) | 4 matchs Canal+, 1 match pour Orange. Début de l’arrivée de nouveaux acteurs. |
| 2012-2016 | Canal+, beIN Sports | 607 M€ = 420 (Canal+), 183 (beIN) | ~500-550 M€ (estimé) | Canal+ et beIN Sports se partagent les droits. |
| 2016-2020 | Canal+, beIN Sports | 725 M€ = 540 (Canal+), 186 (beIN) | ~620-650 M€ (estimé) | Période stable, Canal+ et beIN partagent toujours. |
| 2020-2021 | Mediapro, Free, beIN | 1 153 M€ = 780 (Mediapro), 332 (beIN), 42 (Free) | Effondrement (MediaPro) | Mediapro prend les droits mais ne les honore pas. Free diffuse des extraits. |
| 2021-2024 | Canal+, Amazon, Free | 743 M€ = 332 (Canal+), 250 (Amazon), 10 (Free) | ~500-580 M€ (estimé) | Amazon entre en scène avec 8 matchs, Canal+ garde 2 matchs. |
| 2024-2025 | DAZN, beIN Sports | 500 M€= 400 (DAZN), 100 (beIN) | ~420-440 M€ | DAZN devient le principal diffuseur avec 8 matchs. |
| 2025-2026 | Ligue 1+ (DAZN technique jusqu’à fin 2025) + beIN (jusqu’à fin déc. 2025) | 180 à 220 M€ = ~80-120 estimés dont 100M€ (beIN) | 80-110 M€ | Rupture DAZN (juillet 2025), beIN stoppe fin décembre 2025, L1+ devient diffuseur |
| 2026-2027 (prévision) | Ligue 1+ (100% LFP) | 250-380 M€ (objectif ambitieux) | 180-280 M€ | Full D2C – 9 matchs / journée – prix abonnement attendu 19,99-24,99 € |
Principales évolutions des droits TV Ligue 1:
- 2004-2005 : Partage entre Canal+ et TPS, dernière année avant l’exclusivité de Canal+.
- 2005-2008 : Canal+ devient le diffuseur unique avec 600 M€.
- 2008-2012 : L’arrivée d’Orange avec un match exclusif et une répartition avec Canal+.
- 2012-2016 : beIN Sports entre sur le marché, partage des droits avec Canal+.
- 2016-2020 : Maintien du partage entre Canal+ et beIN.
- 2020-2021 : Mediapro récupère les droits mais échoue, Free diffuse des extraits.
- 2021-2024 : Amazon entre sur le marché avec 8 matchs, Canal+ garde 2 matchs.
- 2024-2025 : DAZN devient le diffuseur principal avec 8 matchs, beIN reste sur 1 match.
- 2025-2026 : Le divorce DAZN est acté et la Ligue lance sa propre chaîne.
État des lieux en décembre 2025 :
- beIN Sports a officiellement annoncé qu’elle cessait la diffusion de la Ligue 1 à compter du 31 décembre 2025 (fin du contrat et non-paiement intégral des dernières échéances).
- Dès le 1er janvier 2026, tous les matchs de Ligue 1 (y compris le multiplex) seront exclusivement disponibles sur Ligue 1+.
- La plateforme a franchi le cap des 1,15 million d’abonnements actifs fin décembre 2025 (source : LFP – chiffre provisoire communiqué aux clubs le 24/12).
- Taux de piratage toujours très élevé malgré les nouvelles mesures judiciaires élargies (décision du TGI de Paris du 23 décembre 2025).
- Recettes estimées pour la saison 2025-2026 : entre 180 et 220 M€ bruts (contre 500 M€ l’an dernier), soit une chute de 55 à 64 %.
- Conséquence immédiate : le champion de France 2025-2026 devrait toucher environ 12 à 18 M€ de droits TV domestiques, soit moins que le 10e de Ligue 2 la saison précédente.
Le montant annuel des droits TV de la Ligue 1 pour la période 2024-2029 est de 660 millions d’euros, dont 500 millions d’euros sont consacrés à la diffusion domestique. Les principaux diffuseurs pour cette période sont DAZN, qui diffuse 8 matchs sur 9 par journée, et beIN Sports, qui a acquis les droits d’un match.
Entre 80 et 110 millions d’euros au total pour l’ensemble des 18 clubs (après charges LFP et fonctionnement de la plateforme).
Soit environ 4,5 à 6 M€ par club en moyenne, avec un champion qui devrait toucher 12 à 18 M€ maximum.
À titre de comparaison : en 2019-2020, le champion touchait ~130 M€ de droits TV domestiques.
Mi-parcours entre les deux.
Positif : la plateforme a dépassé les 1,15 million d’abonnements actifs fin décembre 2025 (chiffre provisoire LFP). C’est plus que ce que beaucoup d’observateurs tablaient après la rupture DAZN.
Négatif : le prix moyen réel payé par abonné reste très bas (promotions, offres flash, redevances Canal/beIN converties à vil prix), le taux de piratage demeure massif et les revenus bruts estimés pour la saison entière (~180-220 M€) sont encore 3 à 4 fois inférieurs au contrat Mediapro fantasmé de 2020.
Bilan intermédiaire : la survie est assurée à court terme, mais la rentabilité durable reste très incertaine.
DAZN a payé 400 millions d’euros pour diffuser 8 matchs de la Ligue 1 chaque année entre 2024 et 2029.
Le montant total des droits TV payés par DAZN et beIN Sports pour la période 2024-2029 est de 500 millions d’euros, dont 400 millions sont payés par DAZN pour les 8 matchs, et 100 millions d’euros par beIN Sports pour un match.
Le prix moyen d’un abonnement à DAZN pour regarder la Ligue 1 entre 2024 et 2029 est estimé entre 30 et 40 euros par mois, ce qui est légèrement supérieur à celui des années précédentes, où les prix étaient compris entre 25 et 35 euros par mois.
Amazon Prime Video a payé 250 millions d’euros pour diffuser 8 matchs de la Ligue 1 chaque année entre 2021 et 2024.
Pour la période 2021-2024, Canal+ a payé environ 332 millions d’euros pour diffuser 2 matchs de la Ligue 1 chaque semaine.
Entre 2016 et 2020, Canal+ a payé environ 540 millions d’euros pour diffuser les matchs de la Ligue 1, en partenariat avec beIN Sports. Canal+ diffusait alors l’essentiel des matchs, avec beIN Sports complétant l’offre.
Canal+ a évolué au fil des années en passant d’une exclusivité totale à un partage des droits. En 2005-2008, Canal+ avait l’exclusivité des droits de diffusion, mais depuis 2021, la plateforme via BeIn a partagé les droits avec Amazon Prime Video, et, à depuis 2024, avec DAZN pour une partie de la Ligue 1.
Entre 2008 et 2012, Canal+ payait environ 465 millions d’euros pour diffuser 4 matchs de la Ligue 1 chaque semaine, tandis qu’Orange diffusait un autre match
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2004-2005 est de 375 millions d’euros. La répartition des droits se fait entre Canal+ qui paye 190 millions d’euros et TPS qui contribue à hauteur de 185 millions d’euros. Il s’agissait d’une période de partage des droits entre Canal+ et TPS.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2005-2008 est de 600 millions d’euros. Pendant cette période, les droits étaient détenus exclusivement par Canal+, qui payait l’intégralité du montant.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2008-2012 est de 668 millions d’euros. La répartition se fait entre Canal+ qui paye 465 millions d’euros et Orange qui contribue avec 203 millions d’euros. Cela correspond à une répartition où Canal+ diffuse 4 matchs, tandis qu’Orange détient les droits pour 1 match.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2012-2016 est de 607 millions d’euros. La répartition se fait entre Canal+ qui paye 420 millions d’euros et beIN Sports qui apporte 183 millions d’euros. Pendant cette période, Canal+ et beIN Sports partageaient les droits.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2016-2020 est de 726 millions d’euros. Les droits étaient répartis entre Canal+ qui payait 540 millions d’euros et beIN Sports qui apportait 186 millions d’euros. Cette période marque également une collaboration entre Canal+ et beIN Sports pour la diffusion de la Ligue 1.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2020-2021 est de 1 153 millions d’euros. Les droits étaient principalement détenus par Mediapro qui payait 780 millions d’euros, mais en raison d’un fiasco avec ce diffuseur, Canal+ récupère 332 millions d’euros, et Free obtient une part des droits pour un montant de 42 millions d’euros. Cette période a été marquée par un changement majeur avec la crise de Mediapro.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2021-2024 est de 743 millions d’euros. La répartition des droits s’effectue entre Canal+ qui paye 332 millions d’euros, Amazon qui paye 250 millions d’euros, et Free qui contribue avec 10 millions d’euros. Amazon a obtenu 8 matchs, tandis que Canal+ a obtenu 2 matchs.
Le montant total des droits TV de la Ligue 1 de football pour la période 2024-2029 est de 500 millions d’euros. Cette répartition se fait entre DAZN qui paye 400 millions d’euros pour 8 matchs et beIN Sports qui paie 100 millions d’euros pour 1 match.
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Nombre d’abonnés Ligue 1 avec DAZN, beIN et Canal+
Depuis le début des années 2000, l’évolution du nombre d’abonnés aux chaînes diffusant la Ligue 1 suit étroitement celle du marché des droits TV.
Entre 2001 et 2004, Canal+ et TPS se partagent la diffusion des 9 matchs de chaque journée pour un montant annuel de 325 millions d’euros. Le prix moyen d’abonnement tourne autour de 30 à 35 euros par mois, et le parc d’abonnés combiné des deux opérateurs atteint environ 4,5 millions de foyers, principalement motivés par l’offre de football.
À partir de 2004-2005, avec l’augmentation du montant des droits à 375 millions d’euros, les prix grimpent légèrement (40-45 € par mois). Le nombre d’abonnés augmente lui aussi pour atteindre environ 5 millions, confirmant que le football reste un moteur d’abonnement essentiel pour les chaînes payantes.
Entre 2005 et 2008, Canal+ détient l’exclusivité des matchs après avoir absorbé TPS, pour un montant record de 600 millions d’euros par an. Le tarif d’abonnement reste stable (40-45 €), et le nombre d’abonnés se maintient autour de 5 millions, preuve que l’offre unique n’a pas découragé les supporters, bien au contraire.
La période 2008-2012 voit l’arrivée d »un nouvel acteur : Orange, qui propose un match supplémentaire ainsi qu’une offre mobile. Le tarif moyen baisse légèrement (35-40 €), mais l’effet sur les abonnements est limité : Canal+ conserve son socle de 5 millions d’abonnés, tandis qu’Orange ne dépasse jamais le seuil du million d’abonnés.
Entre 2012 et 2016, l’irruption de beIN Sports redessine le paysage. L’abonnement devient plus accessible (30-35 €), car de nombreux fans souscrivent à une offre beIN en complément ou en remplacement de Canal+. beIN Sports atteint environ 2 millions d’abonnés, tandis que Canal+ parvient à stabiliser sa base autour de 5 millions, malgré une forte concurrence.
De 2016 à 2020, beIN Sports consolide sa position avec près de 3 millions d’abonnés, alors que Canal+ reste stable à 5 millions. Le ticket d’entrée reste relativement abordable (30-35 € par mois), notamment grâce aux stratégies d’offres groupées et à des promotions régulières.
La saison 2020-2021 devait marquer un tournant historique, avec un montant inédit de 1,153 milliard d’euros pour les droits. Mais le fiasco de Mediapro et de sa chaîne Téléfoot a changé la donne : malgré des prix attractifs (25-35 €), Mediapro ne rassemble qu’environ 400 000 abonnés avant de disparaître. Pendant ce temps, beIN Sports maintient environ 3 millions de clients, malgré la confusion générée par l’échec de Mediapro.
Entre 2021 et 2024, l’entrée en scène d’Amazon Prime Video bouleverse à nouveau le marché. En proposant la majorité des matchs pour un coût très modeste (15€/mois) Amazon Prime, Amazon séduit au maximum 1,8 million d’abonnés. Canal+, malgré la perte de certains matchs, conserve une base fidèle de 5 millions d’abonnés, grâce à son offre premium et multi-sports de moins en moins dépendante de la Ligue 1.
Enfin, pour la période 2024-2029, la diffusion domestique des matchs de Ligue 1 est assurée principalement par DAZN (8 matchs) et beIN Sports (1 match). DAZN a atteint au maximum 700 000 abonnés, un chiffre modeste en comparaison des ambitions du début des années 2020, tandis que beIN Sports compte environ de 3,5 millions d’abonnés, confortée par son offre multisports au-delà de la seule Ligue 1.
En 2025, DAZN compte environ 700 000 abonnés pour la Ligue 1, un nombre bien en deçà de l’objectif de 1,5 million d’abonnés que la plateforme avait fixé pour cette période, et qui doit être atteint d’ici décembre 2025 sous peine de résiliation du contrat.
Entre 2021 et 2024, Amazon Prime Video comptait environ 1,8 million d’abonnés pour sa diffusion de 8 matchs de la Ligue 1 par saison.
Pendant la période 2001-2004, Canal+ comptait environ 4,5 millions d’abonnés pour la diffusion de la Ligue 1, grâce à un prix d’abonnement mensuel compris entre 30 et 35 euros.
Entre 2021 et 2024, Amazon Prime Video comptait environ 1,8 million d’abonnés pour sa diffusion de 8 matchs de la Ligue 1 par saison.
| Période | Montant annuel (M€) | Diffuseur(s) principaux | Nombre de matchs/journée | Prix moyen abonnement mensuel | Nombre d’abonnés (estimation) |
|---|---|---|---|---|---|
| 2001-2004 | 325 | Canal+, TPS | 9 | ~30-35 € | ~4,5 M (Canal+ & TPS) |
| 2004-2005 | 375 | Canal+, TPS | 9 | 40-45 € | ~5 M (Canal+ & TPS) |
| 2005-2008 | 600 | Canal+ (exclusivité) | 9 | 40-45 € | ~5 M (Canal+) |
| 2008-2012 | 668 | Canal+ (4), Orange (1+mobile) | 9 | 35-40 € | ~5 M (Canal+), <1 M (Orange) |
| 2012-2016 | 607 | Canal+, beIN Sports | 9 | 30-35 € | ~5 M (Canal+), ~2 M (beIN) |
| 2016-2020 | 726 | Canal+, beIN Sports | 9 | 30-35 € | ~5 M (Canal+), ~3 M (beIN) |
| 2020-2021 | 1 153 (prévu) | Mediapro, Canal+, beIN | 9 | 25-35 € | <1 M (Mediapro), ~5 M (Canal+), ~3 M (beIN) |
| 2021-2024 | 743 | Amazon Prime Video, Canal+ | 9 | 25-35 € | ~1,8 M (Amazon), ~5 M (Canal+) |
| 2024-2025 | 660 (dont 500 M€ domestiques) | DAZN (8), beIN Sports (1) | 9 | 30-40 € (estimation) | ~ 700.000 (DAZN), ~3,5 M (beIN) |
| 2025-2026 | 180 à 220 M€ | Ligue1+ (8), beIN Sports (1) | 9 | 14,99€ | ~ 1,1M (Ligue1+), ~3,5 M (beIN) |
| 2025-2027 | 250-380 M€ | Ligue 1+ (9) | 9 | 19,99€ (estimaion) | TBD |
Ligue 1 : DAZN vs LFP
Le litige entre la LFP (Ligue de Football Professionnel) et le diffuseur DAZN marque un tournant dans la gestion des droits télévisuels de la Ligue 1. Signé en juillet 2024, leur contrat prévoyait la diffusion de 8 matchs par journée jusqu’en 2029 pour 375 millions d’euros annuels. Mais DAZN, confronté à un lancement difficile en France (tarifs élevés, accueil mitigé), n’a attiré que 700 000 abonnés en avril 2025, loin des 1,5 million visés. Ces résultats ont engendré 240 millions d’euros de pertes pour DAZN, déclenchant un contentieux judiciaire où le diffuseur réclame 573 millions d’euros à la LFP pour « tromperie ».
Malgré des tentatives de médiation, les négociations ont échoué, accélérées par l’arrivée de Nicolas de Tavernost à la tête de LFP Media. La LFP explore désormais la création d’une chaîne dédiée dès 2025, avec un possible partenariat technique et financier. DAZN, prêt à rompre le contrat contre 100 millions d’euros d’indemnité, pourrait aussi investir dans ce projet.
D’autres acteurs comme beIN Sports (prêt à céder son match quotidien) et Canal+ sont associés aux discussions, tandis qu’Amazon ou Disney pourraient rejoindre l’écosystème. Un accord de principe en mai 2025 acte la fin du contrat avec DAZN fin juin 2025, ouvrant la voie à un modèle inédit contrôlé par la LFP.
Cette crise révèle les défis des diffuseurs face aux attentes financières des clubs et souligne une volonté de reprendre la main sur la valorisation médiatique du championnat. L’été 2025 s’annonce décisif pour l’avenir de la diffusion de la Ligue 1. On vous raconte tout dans notre podcast.
| Mois | Nombre estimé d’abonnés DAZN France | Source principale | Remarques principales |
|---|---|---|---|
| Août 2024 | ~100 000 | Estimations médias | Lancement, tarifs élevés, accueil mitigé |
| Septembre 2024 | ~100 000 | Estimations médias | Peu d’évolution, critiques sur l’offre et le prix |
| Décembre 2024 | ~500 000 | L’Équipe, RMC Sport | Hausse après promotions et fêtes |
| Février 2025 | ~500 000 | L’Équipe, Telesatellite | Stagnation, loin des objectifs |
| Avril 2025 | ~700 000 | Franceinfo, L’Équipe | Hausse grâce aux promotions et partenariats (notamment McDonalds) |
Selon les estimations les plus récentes d’avril 2025, DAZN compte environ 700 000 abonnés en France pour la diffusion de la Ligue 1. Ce chiffre a progressé notamment grâce à des promotions et des partenariats, comme celui avec McDonalds.
Le nombre d’abonnés a connu une évolution : environ 100 000 au lancement en août/septembre 2024, puis une augmentation à 500 000 en décembre 2024 (grâce aux promotions et aux fêtes), une stagnation en février 2025, pour atteindre environ 700 000 en avril 2025 (suite aux promotions et partenariats).
Non, DAZN est loin de son objectif contractuel de 1,5 million d’abonnés d’ici décembre 2025. Les sources indiquent qu’il est quasiment impossible d’atteindre ce chiffre.
DAZN a cumulé environ 240 millions d’euros de pertes depuis son arrivée sur la Ligue 1.
La relation s’est tendue notamment en raison des tarifs de DAZN jugés trop élevés, d’un nombre d’abonnés insuffisant par rapport aux attentes, et de l’essor du piratage. De plus, DAZN estime que le championnat français est moins attractif que prévu et a engagé une procédure judiciaire contre la LFP.
DAZN et la LFP sont parvenus à un accord pour régler leur différend judiciaire. Cet accord prévoit le versement des deux dernières échéances par DAZN pour la saison en cours (140 millions d’euros) et la fin de la procédure judiciaire engagée par DAZN. Ils devraient également acter la rupture de leur contrat initial censé durer jusqu’en 2029 à la fin de la saison 2024-2025.
Oui, malgré la rupture du contrat actuel, DAZN pourrait continuer à collaborer avec la LFP dans le cadre d’un projet de chaîne 100% Ligue 1 portée par la LFP. DAZN s’est dit prêt à investir dans ce projet.
Initialement, DAZN avait refusé de payer 120 millions d’euros pour arrêter en fin de saison. Cependant, après de nouvelles discussions, DAZN semblait prêt à payer une indemnité réduite à 100 millions d’euros pour mettre fin à la diffusion à la fin de la saison. Ce montant serait une mise de départ pour la LFP pour lancer sa propre chaîne.
📖 Sources : FranceInfo / L’Equipe / RMC Sport
Ligue 1 : répartition des droits TV par club
Les droits TV constituent le premier poste de recettes des clubs de l’élite du football français (hors transferts pour certains). Ils ont subi une chute vertigineuse entre 2023 et 2025 passant de 706 M€ à 189,7 M€ en 2025.
Les 18 clubs de Ligue 1 se sont ainsi partagés 706 M€ en 2022/2023, 495 M€ en 2023/2024 et 189,7 M€ en 2024/2025 rapporte footmercato.net. En 2024/2025, le PSG devrait toucher 22 M€ et le dernier club du championnat 5,1 M€.
| Classement | Club | Droits TV (en M€) | Pourcentage des droits TV |
|---|---|---|---|
| 1 | Paris | 165,7 | 23,46% |
| 2 | Marseille | 95,2 | 13,48% |
| 3 | Lyon | 85,3 | 12,08% |
| 4 | Monaco | 49,2 | 6,96% |
| 5 | Rennes | 46,5 | 6,58% |
| 6 | Montpellier | 35,6 | 5,04% |
| 7 | Lille | 34,3 | 4,86% |
| 8 | Lorient | 33,0 | 4,67% |
| 9 | Nice | 31,1 | 4,40% |
| 10 | Nantes | 30,9 | 4,37% |
| 11 | Lens | 26,3 | 3,72% |
| 12 | Reims | 18,9 | 2,68% |
| 13 | Clermont | 18,4 | 2,60% |
| 14 | Strasbourg | 17,9 | 2,53% |
| 15 | Toulouse | 17,8 | 2,52% |
| 16 | Brest | 15,6 | 2,21% |
| 17 | Metz | 9,0 | 1,27% |
| 18 | Le Havre | 5,7 | 0,81% |
| Total | 706,4 | 100% |
Source : Sportune – 20Minutes
Comment fonctionne concrètement la répartition des droits TV en Ligue 1 ?
Voici le mécanisme réel, étape par étape, tel qu’il fonctionne aujourd’hui (fin 2025, même en pleine crise et avec le passage à Ligue 1+).
Étape 1 : La LFP vend TOUS les droits en bloc (mutualisation obligatoire)
- La Ligue de Football Professionnel négocie un seul et unique contrat (ou plusieurs lots) pour l’ensemble des matchs de Ligue 1 (et Ligue 2).
- Les clubs ne peuvent pas vendre leurs propres matchs individuellement (loi Lamour + Code du sport).
- Résultat : tous les revenus entrants (DAZN, beIN, Amazon, Ligue 1+, indemnités de rupture, etc.) vont d’abord dans une caisse commune gérée par la LFP.
Étape 2 : La LFP prélève ses charges fixes
Avant de distribuer quoi que ce soit aux clubs, la LFP déduit :
- Ses frais de fonctionnement
- Les aides aux clubs de Ligue 2 (souvent ~40-50 M€/an)
- Les aides aux relégués (ex-clubs de L1 qui descendent en L2)
- La contribution CVC (fonds d’investissement, ~120-130 M€/an depuis 2022, prélevé sur les droits)
- Diverses charges (assurances, juridique, etc.)
→ En 2025-2026, sur ~180-220 M€ de recettes brutes estimées, ces prélèvements représentent environ 40-60 % selon les sources → il reste 80-140 M€ nets à répartir entre les 18 clubs de L1.
Étape 3 : La clé de répartition (décidée par les clubs eux-mêmes)
La LFP applique ensuite une formule mathématique votée par les clubs (généralement tous les 4 ans, ou modifiée en urgence).
La formule actuelle (2024-2028, toujours en vigueur malgré la crise) repose sur 4 piliers principaux :
| Pilier | Pourcentage approximatif | Comment ça marche ? | Qui en profite le plus ? |
|---|---|---|---|
| 1. Part fixe + licence club | 30-35 % | Montant égal (ou presque) pour chaque club, + bonus pour ancienneté en L1 | Tous les clubs (surtout les petits) |
| 2. Classement sportif saison | 25-30 % | Primes dégressives selon la place au classement final (1er > 2e > … > 18e) | Le champion et le top 4-6 |
| 3. Performance sur 5 saisons | 20-25 % | Moyenne pondérée des classements des 5 dernières saisons | Clubs réguliers en haut de tableau |
| 4. Notoriété (diffusions TV) | 20-25 % | Nombre de fois où le match du club a été choisi en priorité (multiplex, affiche) | Clubs très populaires (PSG, OM, OL, Monaco, Lille…) |
Étape 4 : Calcul final et versement
- La LFP calcule pour chaque club un score pondéré en additionnant les points de chaque pilier.
- Elle divise ensuite le pot net total proportionnellement à ces scores.
- Versements :
- Acomptes mensuels ou trimestriels pendant la saison (basés sur estimations)
- Solde définitif après le classement final (juillet/août)
- En 2025-2026, avec Ligue 1+, une partie des revenus arrive en temps réel (abonnements mensuels), donc les acomptes sont plus fluides mais plus incertains.
Exemple chiffré simplifié (saison 2025-2026 – estimation)
Pot net à répartir : 142 M€ (après charges, avec rebond abonnements Ligue 1+)
- PSG (champion + notoriété max + 5 ans top) → ~21-25 % du pot → 30-35 M€
- OM (top notoriété + bon classement) → ~10-12 % → 14-17 M€
- Club milieu (9e-12e) → ~4-6 % → 6-8 M€
- Promu ou lanterne rouge → ~1-2 % → 1,5-3 M€
Points clés à retenir
- Ce n’est pas égalitaire : les écarts sont très forts (ratio 1:10 à 1:15 entre bas et haut en années normales).
- Ce n’est pas figé : les clubs peuvent voter pour changer la clé (plus d’égalité si crise grave, comme actuellement).
- En crise (comme maintenant) : la part fixe prend plus de poids automatiquement (car les primes sportives/notoriété deviennent minuscules quand le gâteau est petit).
- Ligue 1+ change un peu la donne : les revenus sont plus volatils (abonnements), donc la LFP ajuste les acomptes plus souvent pour éviter les trous de trésorerie.
En résumé : la répartition, c’est 80 % de maths + 20 % de politique interne des clubs.
Et en ce moment (décembre 2025), c’est surtout survie pour tout le monde avec un gâteau 4 à 5 fois plus petit qu’il y a 10 ans. 😅
Sources : Retour sur le fiasco des droits TV du football français par Pierre Rondeau # Droits de retransmission, équilibre compétitif et profits des clubs # Les droits audiovisuels du football : cession et répartition
Sources de l’article
Les informations contenues dans cet article proviennent de diverses analyses récentes sur les défis financiers rencontrés par les diffuseurs de la Ligue 1. Selon NPA Conseil, Amazon aurait perdu 250 millions d’euros avec son Pass Ligue 1, ce qui met en évidence les difficultés de rentabilité du modèle de diffusion en streaming du championnat français (source). Ce constat est également repris par AlloForfait, qui confirme cette perte importante, soulignant les défis économiques d’Amazon dans ce secteur (source).
D’autres analyses, comme celles de DAZN et INfluencia, mettent en question la viabilité à long terme du streaming sportif, en particulier avec les résultats décevants observés pour DAZN en Ligue 1 (source). Un article de The Media Leader évoque également les pertes financières importantes d’Amazon, précisant que la plateforme pourrait avoir perdu 250 millions d’euros avec la diffusion de la Ligue 1, un investissement qui semble difficile à rentabiliser (source).
Le Journal du Geek aborde le dilemme auquel Amazon fait face, en hésitant entre continuer son investissement dans le Pass Ligue 1 ou l’abandonner en raison des coûts élevés associés à cette offre (source). De plus, Numerama souligne la pression croissante sur la Ligue 1, comparant l’abonnement à 30 euros par mois à une sorte de « Netflix du football », une comparaison qui met en lumière les difficultés de rentabilité de ce modèle dans un marché très concurrentiel (source).
L’avenir du streaming sportif et de la Ligue 1 est également mis en question par un article sur LinkedIn, qui interroge la pérennité du modèle économique de DAZN en comparaison avec d’autres diffuseurs comme Amazon (source). Sur le plan des abonnés, Foot01 révèle des chiffres intéressants sur le Pass Ligue 1, qui compte 1,7 million d’abonnés, mais des difficultés subsistent concernant la fidélisation des abonnés sur le long terme (source).
L’Équipe mentionne également la promotion de DAZN à 14,99 euros par mois, mise en place pour attirer davantage d’abonnés Prime Video, une stratégie qui témoigne de la concurrence féroce dans le secteur des droits de diffusion sportives (source). En parallèle, Sports.fr évoque les difficultés rencontrées par Prime Video dans sa gestion des droits de diffusion de la Ligue 1, avec des commentaires sur l’impact de cette situation sur les finances de la plateforme (source).
Numerama rapporte également un premier aveu d’échec de la part de DAZN et Amazon, avec des tests d’abonnement à -50%, en réponse aux difficultés financières rencontrées dans la gestion des droits de la Ligue 1 (source). En outre, un article de La-Rem.eu souligne les tensions autour de la valeur du championnat de la Ligue 1, avec des questions sur son attractivité pour les diffuseurs et les abonnés à l’heure actuelle (source).
Univers Freebox mentionne, quant à lui, que Prime Video aurait séduit 1,4 million d’abonnés supplémentaires grâce à la Ligue 1, mais cette dynamique semble insuffisante pour compenser les pertes générées par l’investissement dans les droits de diffusion (source). Enfin, MaLigue2 rapporte que DAZN compterait 12 millions d’abonnés de moins que Prime Video au même stade, illustrant ainsi les défis auxquels le diffuseur est confronté pour rivaliser sur ce marché (source).
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